Comité national olympique et sportif français

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Los Angeles 1932

 


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La fiche


Jeux de la Xe Olympiade

Date d'ouverture : 30 juillet 1932
Date de clôture : 14 août 1932
Pays de la ville hôte : Etats-Unis
Pas d'autre ville candidate

Participation :
37 CNO (Nations)
1408 athlètes (127 femmes, 1 281 hommes)

Ouverture officielle des Jeux: le vice-président Charles Curtis
Serment olympique : George Calnan (escrime)



Sports au programme :
Natation - Athlétisme - Boxe - Cyclisme - Sports équestres - Escrime - Gymnastique - Hockey - Pentathlon moderne - Aviron - Voile - Tir - Haltérophilie - Lutte

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Contexte

Welcome to « oly-wood »

D’un point de vue olympique, alors qu’entre 1900 et 1928, aucune édition des Jeux ne dura moins de 79 jours, les Jeux de Los Angeles sont les premiers à s’étendre sur 16 jours et à adopter donc l’agenda resserré que nous connaissons aujourd’hui. De retour en Amérique après 24 ans d’absence, cette édition olympique compte néanmoins moitié moins de participants qu’en 1928 à Amsterdam… non seulement le voyage dissuade, mais les inscriptions ont pour la première fois été limitées à trois représentants par discipline et par nation.


Dans cette Californie que John Steinbeck mettra magistralement en prose – Les pâturages du ciel, son second roman après la Coupe d’or, paraît d’ailleurs cette même année 1932 – le contexte américain est à la morosité. Depuis le Jeudi noir du 24 octobre 1929, le pays traverse une période de crise aigüe connue sous le nom de « Grande dépression » et qui fit plus de 13 millions de chômeurs. Néanmoins, au pays du cinéma, tout est fait pour que les Jeux olympiques soient une réussite inégalée jusqu’alors, un spectacle digne d’Hollywood.

L’organisation olympique franchit un palier. Ainsi le Coliseum construit à cette occasion est une réalisation grandiose dont la modernité impressionne. Le stade sera d’ailleurs réutilisé pour les Jeux olympiques de 1984.
Notons enfin qu’en Europe, l’Espagne est une jeune République fondée l’année précédant les Jeux olympiques, la Société des Nations commence à montrer ses limites et Hitler approche du pouvoir en Allemagne.

Ces Jeux olympiques marquent également le développement du concept de village olympique.
L’apparition du village date de 1924, avec la construction à Colombes d’un camp de baraques en bois, aux allées de terre étroites et au confort sommaire. Huit ans plus tard, les Américains proposent un village digne des ambitions du Mouvement olympique. Une véritable ville miniature est ainsi édifiée à Baldwin Hills sur près de 250 hectares, selon la vision de Zack Farmer, président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques (COJO) : « au lieu de vivre chacun de son côté sans rompre le pain ensemble, pourquoi ne pas se regrouper dans une atmosphère conviviale ? ».

En surplomb de Los Angeles et du Pacifique, les maisonnettes préfabriquées dans lesquelles les athlètes peuvent loger pour seulement deux dollars par jour offrent donc des commodités luxueuses inédites : douches chaudes, saunas, théâtre grec, salon de coiffure, service de pressing, bureau de poste, trente mille plantes florales, téléphones, vingt-trois chefs cuisiniers et pour l’animation, les fréquentes visites des vedettes d’Hollywood (Marlene Dietrich, Douglas Fairbanks, Charlie Chaplin…).
Excluant toute distinction sociale, mais pas sexuelle, puisque les femmes sont hébergées au Chapman Park Hotel voisin, ce village réunissant toutes les Nations participantes connait un immense succès. L’impression de joie et de paix est telle que le Comité d’organisation est nominé pour le Prix Nobel de la Paix.

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Les Jeux

Les Jeux olympiques de Los Angeles furent marqués par dix-huit records du monde battus ou égalisés. A l’instar du tennis précédemment, le football est sorti du programme olympique. La FIFA prend une voie séparée, plus ouverte au professionnalisme, et privilégiant son propre évènement, une Coupe du Monde préparée pour 1933 par l’Italie.


le marathon

Le débat relatif à l’amateurisme touche également les plus grands champions, à l’exemple de Paavo Nurmi et Jules Ladoumègue, déclarés professionnels et qui ne sont pas admis aux compétitions olympiques. Dans le fond, la concurrence s’était révélée, à l’exemple de Zabala, petit argentin favori du marathon de Los Angeles. Venu deux mois plus tôt apprendre le parcours, sa devise était « vaincre ou mourir ». Il arrive en tête devant le Canadien Bricker et bat le record olympique en 2h31’36. A Berlin, en tête jusqu’au 28ème kilomètre, Zabala sera rejoint et abandonnera.



Kosuo Kitamura


Les Américains remportent presque trois fois plus de médailles que la seconde nation la plus médaillée (103 contre 36 à l’Italie). En natation cependant, les Japonais dominent totalement la concurrence. Agé de 14 ans, Kosuo Kitamura, devient même le plus jeune concurrent, tous sports confondus, à gagner une médaille d'or dans une épreuve individuelle en remportant le 1 500m nage libre.

Les suédois brillent en lutte. Ivar Johansson, policier suédois, décroche trois médailles en libre et en gréco-romaine. Son compatriote Carl Westergren gagne quant à lui son troisième titre olympique en gréco-romaine, chaque fois dans une catégorie différente.

Le fair-play est par ailleurs très présent au cours de cette olympiade. Ainsi, l'escrimeuse britannique Judy Guinness abandonne ses espoirs d’une médaille d'or en signalant aux officiels que son adversaire, l'Autrichienne Ellen Preis, l’avait touchée à deux reprises au cours de la finale sans que cela soit pris en compte. Dans le même esprit, avec l’amitié en sus, le saut en hauteur met finalement en confrontation l’Américain Bob Van Osdel et le Canadien Duncan McNaughton. A 1m97, les deux amis se retrouvent derniers engagés, en tête malgré un dernier échec, Van Osdel s'approche de Duncan McNaughton et lui donne quelques conseils. Le Canadien franchit la barre et remporte l'or, Van Osdel devant se contenter de l'argent.


Entraînement des Bleus sur le bateau qui les emmènent à Los Angelès

Cette édition olympique marque par ailleurs d’importantes avancées technologiques qui se manifestent notamment par l’apparition de la photographie d’arrivée et l’introduction du chronométrage automatique officiel au 100ème de seconde pour les épreuves d'athlétisme sur piste. Introduit à Lake Placid pour les Jeux d’hiver, le podium, initiative du Comte Baillet-Latour, président du CIO, fait sa première apparition estivale à l’occasion de ces Jeux olympiques. Pour la première fois également, le drapeau des médaillés est hissé au cours de la cérémonie de remise des médailles

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Le fait

I got you Babe

Mildred « Babe » Didrickson est la vedette de ces Jeux olympiques de Los Angeles. A vrai dire, elle est même l’athlète féminine de cette première partie du XXème siècle.


Mildred « Babe » Didrickson

Elle débuta sa carrière en basket-ball. Embauchée par une compagnie d'assurance partenaire de l’équipe des Dallas Cyclones, elle réalise notamment un exploit qui trouvera un écho quelques décennies plus tard en NBA avec Wilt Chamberlain : marquer plus de 100 points dans un match. Représentant à elle seule sa société dans le championnat américain d’athlétisme par équipe de 1932, elle remporte six épreuves et bat trois records du monde, au 80 mètres haies, au javelot et en saut en hauteur

Qualifiée pour cinq épreuves des Jeux olympiques de Los Angeles, elle ne peut toutefois s’inscrire qu’à trois d’entre elles, compte-tenu du règlement alors en vigueur pour les athlètes féminines. Elle choisit logiquement les trois disciplines qui lui avaient réussi aux championnats américains… et obtient trois médailles, dont deux en or.


Mildred « Babe » Didrickson

Elle remporte d’abord le concours du javelot avec un jet à 43,68 mètres établi à son premier essai. Elle bat ensuite et à nouveau le record du monde du 80m haies en 11"7. En saut en hauteur, Jean Shirley et elle établissent un nouveau du monde en franchissant 1,657m. Echouant toutes les deux à 1,67m, les deux athlètes retentent la barre précédente. Babe franchit de nouveau la barre, mais son saut fut invalidé, sa tête étant passée avant les pieds. Si des images prouvèrent a posteriori que son saut était valable, elle se contenta toutefois de l’argent.


S’adonnant ensuite au base-ball, elle fait de nombreux matchs exhibition avec les hommes, participant même à une rencontre de Ligue Majeure avec les Dodgers de Brooklyn.


Mildred « Babe » Didrickson

Ayant épousé le lutteur George Zaharias, Mildred Didrickson, dont le surnom fait référence au joueur de base-ball Babe Ruth, s’oriente ensuite vers les greens. Professionnelle, elle participe même à un tournoi PGA (masculin). De retour sur le circuit amateur féminin en 1942, elle remporte cinq tournois, dont quatre majeurs. Continuant sa carrière en amateur puis en professionnelle, elle est des membres fondateurs du circuit féminin LPGA. Première golfeuse à y atteindre les dix victoires, elle réalise même en 1950 le Grand chelem de l’époque (US Open, Titleholders Championship, Women’s Western Open). Introduite l’année suivante au Hall of Fame, elle devient président de la LPGA.

Désignée athlète féminine de la première partie du XXème siècle en 1949 par Associated Press (AP), Mildred Didrickson décède en 1956. Elle est confirmée à titre posthume athlète féminine du XXème siècle en 1999, par AP puis par Sports Illustrated.

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L’équipe de France Olympique

Délégation : 65 participants (63 hommes, 2 femmes)
Porte-drapeau : Jules Noël (Athlétisme)
Bilan : 19 médailles dans 9 sports – 10 en or, 5 en argent, 4 en bronze – 0 Féminines. La France termine 6ème Nation

Et la piscine, c'est Taris

« T'es battu mon vieux Jean ! » Quand son entraîneur Georges Hermant, mouchoir aux coins noués sur la tête, prononce cette phrase, Jean Taris est abasourdi. II a mené toute la course, vérifiant au fur et à mesure la position des Japonais, ses principaux rivaux. Mais le soleil rasant de cette fin d'après-midi du 10 août l'a empêché de voir la remontée de Buster Crabbe, cinq lignes d'eau plus loin.

Battu pour 1/10 de seconde, Taris porte ses regrets : « J'ai fini ce 400 m sans fatigue, sans même avoir donné mes dernières ressources » déclare-t-il ainsi au terme de la course. Pour le recordman du monde de la distance, le rêve olympique est passé. Pour Crabbe au contraire, c'est la gloire. II offre aux Etats-Unis leur seule médaille d'or en natation. Comme Johnny Weissmuller, il deviendra Tarzan au cinéma.

Escrime, cyclisme et… haltérophilie

Une fois de plus, nos escrimeurs et nos cyclistes se mettent en valeur. S'ils laissent échapper les titres individuels, les Français remportent le fleuret (après 17 heures de tournoi !) et l'épée par équipes.
Dans la chaleur de Pasadena, à l'autre bout de la ville, le Haut-Marnais Louis Chaillot et Maurice Perrin gagnent le tandem. Benjamin des Tricolores, Chaillot, un gamin de 18 ans qui n'a pas deux saisons de compétition derrière lui, termine également deuxième de la vitesse.
La France brille aussi en équitation grâce au commandant Xavier Lesage sur "Taine" (dressage individuel et par équipes), en lutte libre avec Charles Pâcome (légers), premier prix de violon du Conservatoire de Lille et futur avoué, et en voile avec Jacques Lebrun (racer monotype).


René Duverger

Raymond Suvigny, René Duverger et Louis Hostin ajoutent ensemble leurs noms à la liste des vainqueurs olympiques français en haltérophilie. L'haltérophilie française est à son apogée : en 24 heures, Raymond Suvigny (plume), René Duverger (légers) et Louis Hostin (mi-lourds) montent sur la plus haute marche du podium. Hostin est si confiant qu'il plaisante avec l'arbitre en tenant sa barre à bout de bras.

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Les médailles françaises

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