Comité national olympique et sportif français

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L'haltérophilie, une histoire de famille chez les Matam

 


Bernardin Kingué Matam

A quelques jours du début des championnats d'Europe qui se tiendront à Tirana (Albanie), du 8 au 14 avril 2013, l'occasion était belle de parler d'haltérophilie. Et lorsque l'on évoque ce sport en France, un nom revient avec insistance... Celui des Matam, une famille passionnée et totalement investie dans cette discipline depuis plusieurs générations. David, récemment élu membre de la Commission des athlètes de haut-niveau du CNOSF, et Bernardin seront tous les deux engagés dans cette compétition. Interview croisée...

David, tu viens de réussir tes championnats de France (à St Médard en Jalles, du 22 au 24 mars) avec notamment un nouveau record personnel en épaulé jeté (201kg). Tu es donc en forme et en confiance à l’approche des championnats d’Europe...
C’est vrai que je me sens bien actuellement et que je me suis senti très fort aux championnats de France. Je me sens aussi très bien aux entraînements. Je n’ai aucune gêne, aucune douleur physique en ce moment. Les championnats d’Europe, c’est une compétition internationale avec un niveau évidemment beaucoup plus élevé qu'en France. L’important ce sera de faire sa part du boulot, de concrétiser les barres et de ne surtout pas rater. Ensuite, il faut attendre les performances des autres. De toutes façons, il y a toujours des surprises.

Bernardin, tu as obtenu le bronze lors des précédents championnats d’Europe à Antalya (Turquie) en 2012. L’objectif c’est sans doute de faire au moins aussi bien ?
Oui, c’est certain, même si je reviens à peine suite à ma blessure contractée aux Jeux Olympiques de Londres. C’était un vrai coup d’arrêt avec une grosse déchirure au niveau de l’adducteur. Pour l’instant, je me remets plutôt bien, je suis sur la bonne voie. Je suis peut-être un peu juste, mais je suis concentré et je sais ce que j’ai à faire lors des championnats d’Europe. Je vais essayer d’être prêt le jour J.

Quelles sont les Nations les plus fortes sur la scène européenne ?
David : Auparavant, tous les pays de l’Est, comme la Russie, l’Ukraine, la Bulgarie et la Turquie entre autres, étaient vraiment au-dessus du lot. Aujourd’hui, le niveau s’est équilibré. Peut-être faut-il y voir les effets bénéfiques du travail effectué par l’Agence Mondiale Antidopage. En tout cas, tant mieux. Cela nous permet de nous rapprocher des meilleurs. Les écarts se réduisent.

Bernardin, comment as-tu vécu ta première participation aux JO, et notamment ta performance et celle de l’équipe de France à Londres ?
J’étais très déçu. Je me sentais super fort, je m’étais bien entraîné et, au final, je contracte une grosse blessure qui m’a empêché de réaliser ne serait-ce qu’un seul mouvement. Les mauvais résultats se sont ensuite enchainés pour les autres Français. C’était véritablement un moment difficile par lequel nous sommes passés. C’était à la fois une bonne et une mauvaise expérience puisque je ne suis pas parvenu à concrétiser mes objectifs. Cela me servira d’expérience pour la suite. C’est ce genre d’épreuves qui nous rend plus fort, qui forge le mental. J’attends avec impatience ces championnats d’Europe pour définitivement tourner la page des JO. Un podium me permettrait d’oublier cette contre-performance.

David, tu es le doyen de l’équipe de France et tu as forcément un regard affuté sur le collectif. Comment le sens-tu à quelques jours de la compétition ?
Je trouve que l’équipe est homogène, avec un grand nombre de battants. Chacun veut prouver qu’il mérite sa place. Il y a une grande solidarité au sein du collectif. C’est vraiment un bon groupe. L’équipe n’est pas tout à fait au complet, avec, entre autres, l’absence de Benjamin Hennequin, l’un de nos meilleurs éléments, qui n’est pas encore complètement remis de sa blessure - je lui souhaite d’ailleurs un bon rétablissement. Mais on va faire avec les forces disponibles, qui se sont toutes bien préparées. Tout le monde est motivé. Il ne reste plus qu’à aller concrétiser les barres. Il faut rentrer dedans comme on dit ! Chacun a mérité sa place dans ses championnats d’Europe mais chacun doit remplir son contrat et tout le monde a une carte à jouer.

En tant qu’aîné, as-tu un rôle particulier à jouer au sein du groupe ?
David : Oui, bien sûr ! Les entraîneurs ont évidemment un rôle plus important que le mien, c’est eux qui représentent l’encadrement, mais, moi, je suis juste derrière. Je motive les troupes lorsque je constate un relâchement. Les coachs donnent les conseils mais je n’hésite pas non plus à le faire ou à bousculer l’équipe quand elle s’endort. De voir qu’ils me considèrent tous comme leur capitaine me pousse à donner le bon exemple au quotidien : je ne me plains pas, je m’entraîne, je ne pose pas de questions. Je suis à 100%.

Bernardin, tu es le quatrième de la fratrie Matam à être devenu Olympien en haltérophilie (après Alphonse à Barcelone 1992, Samson à Atlanta 1996 et Athènes 2004, et David à Athènes). Comment expliquer une telle réussite familiale ?
C’est vrai que c’est incroyable... L’haltérophilie, chez nous, c’est vraiment une histoire de famille. On baigne dedans depuis l’enfance, avec notre père qui était entraîneur national et en club. C’est presque dans le sang. On essaie de suivre l’exemple de nos aînés qui sont passés par le même chemin et on espère accomplir ce qu’ils n’ont pas réussi à réaliser. Je suis le quatrième, mais sûrement pas le dernier ! Le but, c’est de toujours représenter la famille Matam et la France, notre terre d’accueil.

Tu apprenais beaucoup de tes frères quand tu étais plus jeune ?
Bernardin : Oui bien sûr ! Quand je voyais mes grands frères, David par exemple, on avait en tête de faire comme eux et d’atteindre ce haut niveau. Ils nous donnaient en permanence des conseils pour atteindre cet objectif, sur l’entraînement et sur la vie quotidienne. C’est ce qui se passe avec mes autres petits frères qui sont encore au Cameroun : on essaie de transmettre cet héritage de frère en frère et de génération en génération. Le but c’est que le nom Matam puisse être sur les plus hautes marches des podiums internationaux.

Arrivez-vous à parler d’autres choses que d’haltérophilie quand vous êtes en famille ?
David : Bien sûr ! Surtout même ! Je dis toujours qu’une fois sortis de la salle, il nous faut oublier l’haltérophilie. L’haltéro c’est arrachée – épaulé jeté et c’est tout. Une fois la fin de l’entraînement ou de la compétition, on en discute un peu évidemment, trente secondes, une minute peut-être, et ensuite on parle de tout et de rien, on rigole, on regarde des films… On déconnecte complètement pour que cela ne devienne pas une obsession. C’est le message que j’essaie de transmettre aux membres de l’équipe de France. Parfois il faut réussir à prendre un peu de recul, à lever sa tête du guidon pour parvenir à faire le vide.

David, tu as été élu à la Commission des athlètes de haut niveau du CNOSF en fin de semaine dernière. Pourquoi cet investissement ?
Je me suis toujours investi en tant qu’athlète. Si je suis encore performant aujourd’hui, c’est parce que j’ai fait des sacrifices, je me suis donné, j’ai vraiment voulu réussir. J’espère pouvoir apporter d’autres idées dans cette commission, pouvoir échanger avec d’autres sportifs, mieux comprendre aussi certains sujets. Cela me plait bien et j’espère que je resterai proche du monde sportif après ma carrière. J’ai très envie de faire partager mon vécu, mon expérience et de donner quelques clés de réussite et de longévité. En devenant membre de cette commission, je souhaite vraiment transmettre mes connaissances.

Que peut-on vous souhaiter, à vous et à l’haltérophilie française ?
Bernardin : De tourner la page des JO avec des podiums aux championnats d’Europe et, pour l’haltérophilie française en général, de se relever et de montrer que c’est un sport beau à voir où les tricolores peuvent être performants.


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