Comité national olympique et sportif français

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Géo André, l'homme derrière le nom

 

Mardi 14 juillet, un jour prédestiné ? Géo André, Georges Ivan André né le 13 août 1889 à Paris pour l'état civil, y croit. En cette année 1908, la Bastille à prendre est le stade de White City, antre des Jeux olympiques de Londres. Un dernier obstacle à passer : cette barre de 1m90 qui le sépare d’un duel final pour l’or olympique avec l’Américain Harry Porter. Il n'a que 18 ans mais a déjà fait ses armes athlétiques.

Élevé dans un pensionnat lausannois où l’on pratiquait l’enseignement à l’anglo-saxonne cher à Coubertin, il fut ensuite inscrit au lycée parisien Janson-de-Sailly. Dès 1907, il bat le record de France du saut en hauteur sans élan (1m 38). Il n’a pas 17 ans, et concoure sous les couleurs du Stade français qu'il délaisse bientôt pour le Racing. L’année suivante, il établit un nouveau record du saut en hauteur classique avec 1m 79 et devient champion et recordman de France du 110 m haies (15"4/5).


Le concours de saut de Londres 1908

A 18 ans, Géo n’est donc plus un gamin à culottes courtes. Loin de là… et malheureusement pour lui. Il s’élance pour son dernier essai sous un soleil si décliné qu’il a fallu nouer un mouchoir blanc à la barre pour mieux l’apercevoir. Le saut est effectué dans les règles de l’art de l’époque et il s’écrie déjà de joie quand l’arrière de son short, trop large, fait trembler la barre. Le mouchoir tombe. Les larmes et la nuit aussi pour Géo André, quelque peu moqué de sa joie trop anticipée par les spectateurs.


Géo André, un Bleu du XV de France en 1914

Dans la foulée de son retour à Paris, il intègre les écoles supérieures d’électricité puis d’aéronautique et obtient son brevet de pilote d’avion de tourisme, sa deuxième passion. Sous les drapeaux en 1912, il participe, contre la volonté de son colonel mais avec le soutien ministériel, aux Jeux olympiques d'Anvers. Pas entraîné, il n'y brille pas. Pourtant, son profil d'athlète s'est étoffé. Ayant établi en 1913 le record de France du 400 m haies en 57"0, Géo André intègre, au Racing, la section rugby et y réalise des prestations remarquées. Celles-ci lui valent d'être 7 fois sélectionné dans l’équipe de France de rugby comme trois-quarts aile. Il marque ainsi trois essais lors du tournoi des 5 Nations 1914. Mais la guerre est là désormais.


Le 400m haies, sa deuxième spécialité athlétique après le saut

Mobilisé en août 1914, Géo André est grièvement blessé et fait prisonnier dès le 3 septembre 1914. Évadé après plusieurs tentatives, il devient en 1917 pilote de chasse au sein de la prestigieuse escadrille des Cigognes. Sa cheville gravement blessée, il dut se contraindre, après-guerre, à de nombreuses séances de rééducation et d’entraînement pour pouvoir participer aux JO d’Anvers. Il termine 4ème du 400m haies en 54''8. Lors de la course, le record du monde est battu et établi à 54''... Il obtient par ailleurs sa deuxième médaille olympique sur le 4x400m.

Journaliste sportif depuis 1918, au Miroir des sports, à L'Excelsior, à L'Intransigeant et à La Vie au grand air, il crée et publie l’almanach sportif L'As, il participe à ses quatrièmes et derniers Jeux à Paris, en 1924. Porte-drapeau de la délégation française, il y prononce le serment des athlètes et termine encore 4ème du 400m haies. Sa carrière sportive s'achève. Il aura été international dans 13 disciplines différentes (100 m, 200 m, 400 m, 4 x 400 m, 110 m haies, 400 m haies, saut en hauteur avec et sans élan, en longueur sans élan, poids, disque, pentathlon et décathlon, double médaillé olympique et recordman d'Europe du 400 m haies en 1920.


Géo André en 1924

Mais la vie continue. Père de Christiane et Jacques, secrétaire général de l'aviation populaire, journaliste, Géo André ne s'ennuie pas. La débâcle de 1940 amène un dernier rebondissement, funeste, dans sa vie. refusant de capituler, il s'envole de Lézignan avec son fils, direction Alger où sa fille les rejoint.
Cette dernière s'engage et participe, dans les Forces libres, aux campagnes d’Italie et de France. Quant à Jacques, il prend les airs comme son père. Il deviendra colonel de la célèbre escadrille "Normandie-Niemen" et héros de l’Union Soviétique. Quant à Géo André, il s’engage de nouveau, cette fois dans les Corps francs d'Afrique de l’armée Giraud. Le 4 mai 1943, en pleine reconquête de Tunis, Géo André est victime d'une embuscade tendue dans les ruines de Mateur et décède, à l'âge de 53 ans.



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