Comité national olympique et sportif français

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Berlin 1936

 


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La fiche

Jeux de la XIe Olympiade

Date d'ouverture : 1er août 1936
Date de clôture : 16 août 1936
Ville candidate : Barcelone (ESP)

Participation :
49 CNO (Nations)
4 066 athlètes (328 femmes, 3 738 hommes)
129 épreuves


Ouverture officielle des Jeux : Adolf Hitler, Führer du IIIème Reich
Allumage de la vasque olympique par : Fritz Schilgen (athlétisme)
Serment olympique par : Rudolf Ismayr (haltérophilie)



Sports au programme :
Natation - Athlétisme - Basketball - Boxe - Canoë / Kayak - Cyclisme - Sports équestres - Football - Escrime - Gymnastique - Handball - Hockey - Pentathlon moderne - Polo - Aviron - Voile - Tir - Haltérophilie - Lutte

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Contexte

Les Jeux polémiques

Le 18 août 1936, la Une de L’Humanité titre : « A Berlin, on se sert du sport, on ne le sert pas »… une instrumentalisation de l’évènement olympique qui débute quelques mois auparavant, à Garmisch Partenkirschen (à l’époque, et sauf si le pays organisateur de l’édition estivale n’est pas en mesure géographique de le faire, les Jeux d’hiver et d’été doivent se tenir sur le même territoire).

Le Troisième Reich voit dans ces XIèmes Jeux olympiques une occasion de célébrer la puissance de la race aryenne et du régime nazi, tout en offrant une image rassurante. Le monde est pourtant secoué, à l’échelle internationale par la crise économique et, à l’échelle européenne, par une Guerre d’Espagne déclenchée le mois précédent et dans laquelle l’Allemagne est partie prenante. Barcelone avait été candidate à l’organisation des Jeux olympiques. Quelques semaines avant les Jeux, la capitale catalane accueille des contre-Jeux organisés en protestation de la tenue de l’évènement olympique berlinois.

Pendant les Jeux olympiques, Barcelone est en armes et débute une lutte républicaine qui ne s’achèvera qu’en février 1939, à la veille du conflit mondial, par la prise de la ville par les forces de Franco. Le matin même de la cérémonie d’ouverture, l’Espagne déclare finalement forfait et ne parait donc pas autour du stade au milieu des 49 nations présentes dont, pour la première fois, l’Afghanistan, les Bermudes, la Bolivie, le Costa-Rica, le Liechtenstein et le Pérou. Dans ce contexte, le CIO s’attache à faire respecter au mieux l’application des principes olympiques et tente au mieux de juguler les velléités nazies. Berlin doit accepter certains compromis comme celui de retirer les offenses les plus manifestes aux principes de participation universelle et de respect mutuel. Le Dr Goebbels, ministre de la Propagande, suspend ainsi la parution du journal antisémite Der Sturmer et fait disparaître des espaces publics les affichages antisémites.

Les athlètes juifs ou noirs, allemands et étrangers, sont par ailleurs autorisés à participer à des Jeux olympiques organisés par Theodore Lewald, président du Comité d’organisation et juif allemand contraint de rester pour cette préparation, et par Carl Diem, un des plus grands activistes de l’Olympisme Outre-Rhin (également psychologue, il fonde en 1946 de l’Ecole supérieure des sports de Cologne). Carl Diem est d’une importance fondamentale pour le cérémonial olympique puisqu’il invente pour ces Jeux le relais de la flamme olympique depuis le site antique Olympie (3000 relayeurs). Entre le sanctuaire et Berlin tous les villages accueillent invariablement ce passage par une fête mêlant folklore local, espoir de paix et manifestations sportives.

De fait, paradoxe de l’histoire, si cette édition reste la plus polémique de l’histoire olympique, elle n’en reste pas moins la plus aboutie de l’époque, Berlin ayant vu les choses en grand. La capitale allemande se transforma donc pour l’occasion, se dotant notamment d'un stade colossal de 120 000 places, d'une piscine de 20 000 et d'un village olympique tout confort qui abritera une école d'officiers après les Jeux olympiques. En terme d’organisation, ces Jeux de 1936 font entrer l’évènement olympique dans la modernité, avec notamment la première retransmission télévisuelle locale (25 écrans géants répartis dans la ville) et un afflux du nombre de médias, en particulier étrangers, présents pour couvrir les compétitions.

Dans le même temps, l’Allemagne nazie fourbit ses armes et commet ses premiers crimes et forfaitures d’envergure, préludes aux drames de la Seconde Guerre mondiale. Notons enfin que ce stade où les croix gammées se mêlaient aux anneaux olympiques, fut le dernier à voir le salut olympique. Chronologiquement apparu plus tôt, puisqu’inspiré du salut antique, sa proximité avec le salut nazi en sonna le glas.

Les Jeux de la XIIème olympiade, attribués à Tokyo en 1940 ne seront pas célébrés, ceux de 1944 (Londres) non plus.

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Les Jeux

Le basket-ball, le canoë et le handball font leur apparition dans le programme des Jeux olympiques tandis que le polo y figure pour la dernière fois. Au pays de la Volkswagen, le sport automobile est pour la première et dernière fois inscrit aux Jeux olympiques, comme sport de démonstration. Sur les 125 voitures inscrites, une seule voiture britannique, la Singer Le Mans 1500 de l'Américaine Betty Haig, fille du maréchal Alexander Haig qui remporte l'épreuve et devient la seule femme à battre des hommes lors d’une épreuve olympique.


Marjorie Gestring

Avec onze médailles, le Japon domine les compétitions de natation. Au plongeon, l'Américaine Marjorie Gestring, âgée de 13 ans et 267 jours, devient la plus jeune championne olympique de l'histoire. Toujours dominatrice par la suite, Marjorie aurait pu accumuler les médailles olympiques si les Jeux de Tokyo 1940 et Londres 1944 n'avaient été annulés du fait de la Seconde Guerre mondiale. Son record d'âge est toutefois toujours d'actualité et devrait même le rester pour l'éternité, la limite d'âge des participants étant désormais fixée à 14 ans.


Noël Vandernotte rame en famille

Durant cette édition des Jeux, les records de jeunesse tombent avec le barreur français Noël Vandernote qui devient le plus jeune décoré olympique de l’histoire (12 ans et demi) mais aussi avec la Danoise Inge Sorensen qui décroche sa médaille de bronze dans le 200m brasse à l’âge de 12 ans, ce qui fait d’elle la plus jeune médaillée de l’histoire dans une épreuve individuelle. Le rameur britannique Jack Beresford remporte pour sa part sa cinquième médaille d’or olympique dans le double scull (avec Leslie Southwood).


Stella Walasiewicz

En athlétisme, les repères kilométriques et des ravitaillements positionnés tous les 3 kilomètres apportent des innovations bienvenues aux coureurs du marathon.
Les États-Unis dominent, remportant près de la moitié de titres. Pour sa troisième participation, l'Américain Glenn Morris s’octroie l’or du décathlon. Helen Stephens décroche deux médailles d'or, le relais 4x100m et surtout le 100m, devant la favorite, la Polonaise Stella Walasiewicz (médaillée d'argent à Berlin en 1936 et détentrice des records du monde du 60m, du 100m et du 200m). Les Polonais accusent alors Stephens d'être un homme déguisé. La féminité est prouvée mais l’histoire ne s’arrête pas là : 49 ans plus tard, en décembre 1980, Stella Walasiewicz, alors émigrée aux Etats-Unis sous le nom de Stelle Walsh, se fait assassiner par un cambrioleur. L’autopsie révèle qu’il s’agit en fait d’un homme !


Alfred Schwarzmann

Si les Allemands remportent cinq titres sur le stade, aux lancers, en gymnastique, les Allemands Alfred Schwarzmann et Konrad Frey remportent six titres olympiques au total. En équitation également les Allemands font le plein puisque toutes les épreuves sont emportées par des officiers d’outre-Rhin.

En sports collectifs, les États-Unis sont sacrés en basket-ball, l'Italie en football, l'Allemagne en handball et l'Inde au hockey sur gazon. Le joueur de water-polo Olivier Halassy, gagne le titre olympique avec la Hongrie et empoche sa troisième médaille olympique, malgré une amputation d’une jambe (sous le genou) consécutive à un accident de tramway.

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Le fait

Jesse Owens, pour l’histoire

James Cleveland Owens (12 septembre 1913 - 31 mars 1980) marque de son empreinte la piste cendrée du stade olympique de Berlin.

En remportant quatre médailles d’or, l’Américain entre pour toujours dans la légende, pour sa performance, certes, puisque sa récolte en quatre volets attendra 1984 pour que Carl Lewis l’égale, mais surtout pour son contexte.

Né à Oakville (Alabama) aux États-Unis « Jesse » (J.C.) Owens grandit à Cleveland, dans l’Ohio et n’attend pas les Jeux de Berlin pour se mettre en valeur puisque, le 25 mai 1935, il bat pas moins de cinq records du monde et en égale un sixième… le tout en 45 minutes ! Sa performance en saut en longueur (8m13) attendra 25 ans d’être surpassée.

A Berlin, Owens intègre une équipe qui consacre une génération d’athlètes noirs d’exception comme les USA n’en avait jamais connue : Ralf Metcalfe (vitesse), Cornelius Johnson (hauteur), John Woodruff (800m) et bien sûr Jesse Owens… En une semaine, Owens remporte le 100 m (10 sec 3/10 et un record olympique battu en série), la longueur (8,06 m), le 200 m (20 sec 7) et le relais 4 x 100 m (39 sec 8, record du monde qui tiendra vingt ans).

Premier athlète américain à remporter quatre médailles, Jesse Owens se lie par ailleurs d’amitié avec son rival allemand Luz Long, et devient un symbole, celui qui remet en cause de manière incontestable le culte hitlérien de la race aryenne triomphante.

La légende veut d’ailleurs qu’Hitler quittât le stade pour ne pas avoir à le saluer, mais le témoignage d’Owens affirme le contraire. Paradoxalement, ce fut aux Etats-Unis que le président Franklin D. Roosevelt refusa de recevoir Owens, et il fallut de nombreuses années avant que l’athlète puisse se voir honoré par les autorités nationales.

Courant contre des chevaux ou des athlètes locaux, animant des boites de nuit, Jesse Owens eut une reconversion difficile. Il meurt d'un cancer du poumon à l'âge de 66 ans à Tucson en Arizona.

Décoré en 1976 de la Presidential Medal of Freedom par le président américain Gerald Ford, Jesse Owens obtient la Médaille d'or du Congrès par George H. W. Bush à titre posthume le 28 mars 1990. Depuis 1984, une rue de Berlin porte son nom. Il reste l’athlète de référence des Jeux olympiques, le plus cité dans les sondages de popularité. Le symbole de l’universalité olympique face à l’ignorance et la barbarie.

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L’équipe de France Olympique


Délégation : 202 participants (191 hommes, 11 femmes)
Porte-drapeau : Jules Noël (Athlétisme)
Bilan : 19 médailles dans 10 sports –7 en or, 6 en argent, 6 en bronze – 0 Féminine. La France termine 6ème Nation

Paire d’as


Guy Lapébie


En cyclisme, Robert Charpentier et Guy Lapébie unissent leurs efforts pour donner à la France les médailles d'or de la poursuite et de l'épreuve sur route par équipes.
Pour le titre individuel sur route, Charpentier devance Lapébie d'un pneu. Heureux pour son ami, Lapébie, un fougueux landais de vingt ans, n'en affirme pas moins qu'il a été retenu par une main anonyme au moment du sprint final.

Quelques mois plus tard, dans un cinéma, il voit par hasard des images des Jeux. II n'en croit pas ses yeux. La main du traître n'est autre que celle de son ami Charpentier... « Depuis, ce jour, je me considère comme le vainqueur moral des Jeux de Berlin », clame Lapébie.
L'équipe de France de cyclisme repart de ces jeux avec sept médailles en six épreuves au programme. Robert Charpentier, remporte la course sur route individuelle, le contre la montre par équipes et la poursuite par équipes (4000m).

La force avec eux


Jean Despeaux

Avec un seul finaliste en athlétisme (Robert Goix, 8ème sur 1 500 m), ce sont les hommes forts qui remplissent l’escarcelle française. En haltérophilie, comme à Los Angeles, Louis Hostin enlève la médaille d'or des mi-lourds dans une ambiance si hostile. En boxe, Roger Michelot et Jean Despeaux (désigné meilleur styliste du tournoi) triomphent respectivement chez les mi-lourds et les moyens.
Un agent de police parisien d'origine bretonne âgé de 33 ans, Emile Poilvé, remporte le titre des moyens en lutte libre. Soucieux de faire un geste ostensiblement amical envers la France, Hitler tient à lui remettre sa médaille d'or. Mais le Chancelier étant pressé, on hâte les choses et, dans la confusion, c’est l'hymne turc qui retentit, tandis que le drapeau égyptien monte dans le ciel de Berlin. Fureur du Führer...

Le plus jeune médaillé de l’histoire olympique


Noël Vandernotte et le 4


Âgé de 12 ans et demi, le barreur Français Noël Vandernotte, obtient avec ses frères notamment, deux podiums en deux et quatre barré et devient le plus jeune médaillé de l'histoire des Jeux olympiques.

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Les médailles françaises

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Voir aussi

 

 

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