Comité national olympique et sportif français

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Michel Vion : « La Fédération est sur de bonnes bases »

 

Champion du monde de combiné en 1982, Michel Vion vient d’accéder, le 26 juin 2010, à la présidence de la Fédération Française de ski. Il succède à Alain Methiaz, en poste depuis 2004, qui ne s’était pas représenté pour un nouveau mandat.
Successivement directeur technique des équipes de France de ski alpin, DTN et directeur de course d'équipementiers, Michel Vion a recueilli 46 voix (un bulletin blanc et un nul) sur les 48 votants du comité directeur. L'assemblée générale a ensuite largement conforté ce choix. Le nouveau président nous confie sa vision pour la prochaine Olympiade.

Quelle est la vision globale de votre présidence et les grands chantiers qui vous apparaissent prioritaires sur ce mandat ?

La Fédération Française de ski a été bien menée depuis six ans. En termes sportifs, il y a eu de vraies bonnes évolutions avec des équipes de France maintenant compétitives dans toutes les disciplines, et une situation fédérale qui est très saine, en termes de finances, de relations institutionnelles... La Fédération est donc sur de bonnes bases. A partir de celles-ci, je compte mener mon action autour de deux axes principaux.


Michel Vion lors des championnats du monde de 1982 à Schladming (Autriche)

Le premier, c’est notre équipe de France, la vitrine de notre fédération, de notre sport, de notre pays. Il s’agit de l’axe consacré à ce qui va bien, mais qui doit être amélioré par souci du détail. Nous avons une équipe de France performante mais qui, parfois, passe à travers, on l’a vu par exemple avec les alpins à Vancouver. Cet hiver, nous avons obtenu des résultats inédits, en termes de podiums en Coupe du monde comme de médailles à Vancouver. Néanmoins, on s’est tous rendus compte que certains favoris étaient passés à travers et certaines disciplines ont peut-être moins bien géré que d’autres l’événement olympique.

L’idée est que l’équipe de France et toute la partie haut-niveau doit travailler sur les détails, en termes de préparation, physique, mentale, bien sûr, mais aussi en termes d’approche des événements. On ne va pas tout révolutionner, mais l’idée est d’identifier et de perfectionner tous ces détails qui font que ça claque fort au bon moment. Mon rôle sera de donner les moyens à la DTN et à l’ensemble du staff technique, d’affiner le produit afin que nos athlètes, qui sont déjà performants, soient plus réguliers sur la saison et participent au combat pour les médailles dans les grands événements. Et ces grands rendez-vous, championnats du monde ou Jeux Olympiques, sont très fréquents dans nos disciplines.

Le deuxième axe tient dans une meilleure intégration de l’ensemble de nos comités régionaux, au niveau sportif, pour assurer la relève, comme au niveau de la vie fédérale, du développement. La plupart des comités sont en difficulté, financière notamment. Notre sport est régional, saisonnier. Il n’est pas évident de maintenir toute l’année des structures, des fonctionnements, de tenir les licenciés. Nous sommes dans une société où tout va vite, ou tout le monde zappe. Quand on reste quelques mois sans activité, on se fait vite sortir du jeu.

Il s’agit donc de mieux créer ce lien avec les régions, de mieux les impliquer. Nous allons essayer de les aider, en termes de ressources, pour faire en sorte d’arriver à un projet fédéral global qui mette tout le monde dans le jeu, où tout le monde se sente concerné. On sait que certaines zones seront plus difficiles à développer que d’autres. Dans les secteurs de montagne, l’activité est déjà bien installée, bien concrète et il est plus difficile de l’étendre. Mais il y a des régions moins favorisées, plus éloignées des montagnes, avec des bassins de population importants et qui n’ont sans doute pas été suffisamment exploités jusqu’à présent. Il va donc falloir chercher un autre développement, par des propositions, par de l’événementiel, par des offres aux licenciés, aux clubs. C’est un projet global qu’il faut maintenant mettre en place, autour des régions qui ont une marge de progression importante en termes d’activité.

Quid du financement ?


Val d'Isère, hôte des championnats du monde 2009 de ski alpin.

On sait que les régions ont du mal à drainer des finances. Il y a bien des produits fédéraux, des aides classiques de Conseils régionaux, de Conseils généraux, et quelques subventions par-ci par-là, mais par nature, les comités régionaux n’ont rien à « vendre ». C’est bien la maison-mère, la fédération, qui a cette capacité, via de l’événementiel, du sponsoring auprès de partenaires … l’idée est de permettre une certaine redistribution de moyens qui seraient générés par la maison-mère.

On sait que le monde du ski dispose de toute une richesse économique, d’un environnement dynamique, en termes de remontées mécaniques, de stations. Même si, avec la crise actuelle, tout le monde souffre, nous sommes tout de même une fédération privilégiée comparée à d’autres qui ne disposent pas de ces ressources, de cet accompagnement, de ce potentiel, de ce contexte favorable.

Avec nos partenaires institutionnels, on doit être capable de générer encore d’autres ressources. En mettant en commun notre réseau fédéral et l’ensemble des professionnels de la montagne, on a une force extraordinaire que l’on n’a encore jamais trop exploitée. Il ne s’agira pas forcément de sponsoring direct, mais on va essayer d’avoir des partenaires privés qui nous accompagneront dans différents projets, sportifs, événementiels, de développement…

Vous êtes vous-même moniteur de ski, quelles relations envisagez-vous avec les écoles de ski et, plus globalement, quels partenariats institutionnels comptez-vous renforcer ou engager ?

Avec les écoles de ski, nous avons un partenariat naturel. Les deux mondes sont imbriqués, nous sommes ensemble sur le même bateau. Dans les clubs, une grande partie de l’activité est gérée par des moniteurs. Les entraineurs nationaux, les entraineurs régionaux sont aussi souvent des moniteurs. Y compris dans le nouveau comité directeur, il y a une vingtaine de moniteurs sur 50 membres. Ils n’enseignent pas nécessairement, mais ils ont ce statut. Après, les relations doivent être saines. En clair, on a chacun nos prérogatives, notre corps de métier. Le curseur doit être mis au bon endroit, il ne faut pas qu’il y ait d’ingérence, mais un soutien total des deux côtés. J’ai de bonnes relations avec les moniteurs et il devrait être assez facile de nous entendre.

Les remontées mécaniques (le SNTF, syndicat des téléphériques de France), l’autre gros partenaire institutionnel, nous amènent également des ressources, mais peut-être peut-on aller encore plus loin, pas forcément en termes financier, mais en intégrant encore mieux leur activité avec la nôtre. Avec les écoles de ski et les remontées mécaniques, nous avons deux partenaires naturels, que nous connaissons bien, mais on peut encore, je pense, trouver d’autres pistes. J’ai quelques idées, mais il faut d’abord en parler avec les instances de ces institutions.

Une réflexion doit être menée pour savoir comment aborder les quatre ans à venir, la nouvelle Olympiade, et voir comment nos deux principaux partenaires pourront nous aider à générer d’autres moyens. Il y a d’un côté les besoins des équipes de France qui sont, eux, stabilisés, connus, identifiés. Et d’un autre côté, le développement de l’activité fédérale, du sport-ski, via les clubs, doit passer par de nouveaux moyens, c’est évident. Ces deux partenaires peuvent nous aider à générer ces moyens.

Il est par ailleurs très possible que nous nous associons à d’autres fédérations sportives. Nous avons effectivement des clubs qui pourraient très bien être omnisports et se mettre en place avec d’autres disciplines proches des nôtres. C’est tout à fait envisageable.

Quel est votre sentiment concernant la candidature d’Annecy 2018 ?

Quel projet ! Une candidature française, avant d’être alpine, pour nous, Fédération Française de Ski, c’est un projet énorme. On sera au service de la candidature. On l’a déjà dit au comité de candidature, je l’ai déjà dit à Edgar Grospiron. La fédération doit épauler, conseiller, participer à cette candidature. On a notamment un réseau fédéral important à l’international.

Au-delà de ça, c’est une mobilisation qui dépasse la simple candidature. C’est aussi pour nous un moyen de motiver nos jeunes, un support que l’on va utiliser en interne. Après, le combat sera rude, on le sait. L’urgence est de travailler sur le dossier, mais encore une fois, c’est un beau projet et même si Annecy ne devait pas être retenue. On fait tout pour gagner, je suis un ancien sportif, je suis « au centième », je fais les choses avec la plus grande précision possible. Malgré tout, il envisager que nous ne soyons pas retenu, mais même dans ce cas, cela aura été une belle aventure.

Vous étiez présents à Vancouver pour toute la durée des Jeux Olympiques d’hiver, quel est votre sentiment quant aux performances de l’Equipe de France Olympique ?

Avec onze médailles, nous avons réalisé une belle performance.

Avec quelques « top-stars » qui auraient dû être sur les podiums et les alpins qui font zéro, nous sommes cependant un peu frustrés, parce qu’on avait le potentiel malgré tout. Ce sont des athlètes qui sont classés dans les meilleurs mondiaux, ce n’est donc pas une question de niveau, mais clairement une question d’approche à mon sens. Certains, la plupart, ont sans doute un peu banalisé l’événement, avec l’encadrement qui a sans doute ou installé ou laissé faire. Mais peu importe, l’idée n’est pas de mettre la pression sur les uns ou les autres. L’approche n’a globalement pas été bonne. Autrement, compte-tenu du niveau de nos skieurs, cela aurait scoré un peu différemment.


24 février 2010, la seconde manche du slalom géant féminin est annulée.

Cette approche doit être différente de celle adoptée dans les compétitions ordinaires de la saison. On ne se prépare pas de la même manière, physiquement, psychologiquement. Les conditions ne sont pas les mêmes, il faut gérer les médias, le logement au village olympique, des épreuves de vitesse qui se font sans un seul entrainement au complet, des dames qui font un slalom géant en deux jours… ça ne s’est pas vu depuis 25 ans, mais tout cela arrive aux JO quand même. On pensait avoir des pistes de vitesse assez faciles, en neige normale, et puis finalement c’était de la glace bleue, très très difficile. A l’inverse, on pensait que les épreuves techniques allaient être sur des pistes bien préparées, dures, et en fin de compte, on court sur une neige de printemps, très mouillée, très molle. L’inverse de ce que l’on avait imaginé au départ. Mais il faut se préparer à tout ça. Les conditions sont les mêmes pour tout le monde et il faut s’adapter. Les choses peuvent tourner différemment, les programmes peuvent changer, l’organisation différer.

Les Jeux Olympiques de la Jeunesse à Innsbruck seront le premier grand rendez-vous pour de nombreux jeunes, comment les appréhendez-vous ?

Ces Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), qui se tiendront en 2012 à Innsbruck, constitueront une première approche pour être dans le bain dès le plus jeune âge. Il faut faire attention à ne pas faire des champions Olympiques de 15 ans, mais, hormis cette prudence là, cet événement permettra de mettre dans l’ambiance les rares sportifs qui pourront être sélectionnés. Il est prévu une partie culturelle, une partie information, de formation. On s’en servira comme support, c’est une évidence.

Les premiers JOJ se tiennent cet été à Singapour. On va laisser faire l’événement et quand il sera réalisé, la DTN prendra des contacts avec certaines fédérations pour savoir ce qu’elles en ont retiré, quelle approche elles en ont eu et quel bilan elles en tirent.


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