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L'INSEP fait peau neuve

 

Visite guidée

La rénovation de l’INSEP, où s’entraînent et vivent 650 sportifs de haut niveau (dont 380 internes), accompagnés de 300 cadres et formateurs et 130 entraîneurs (pour une population totale d’environ 1200 personnes) est en bonne voie.

Les travaux, lancés en 2007, ont vu sortir de terre un nouveau bâtiment ultra moderne aujourd’hui utilisé par quatre sports (escrime, lutte, gymnastique, taekwondo) jouxté par un terrain de hockey en synthétique, la réhabilitation totale de tous les bâtiments de la « zone nord » (médical, hébergement), la mise en service d’un nouveau bâtiment de restauration et la construction d’un bassin aquatique temporaire.

Le plan de rénovation se poursuivra ces prochains mois pour faire de l’INSEP, qui occupe une surface de 30 hectares au cœur du bois de Vincennes, à l’est de l’agglomération parisienne, un des «outils» les plus modernes et performants au monde. Visite guidée.

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Rénovation totale....

L’INSEP doit faire face à une contrainte. Pas d’extension possible, pas de construction d’un bâtiment à moins d’en détruire un autre. Les légendaires immeubles de brique rouge construits il y a 60 ans n’ont pas été rasés, mais totalement réhabilités. Seul l’extérieur a gardé son visage de toujours, et encore. Ainsi, les bâtiments H et G de la zone nord (kinés, médicaux) sont-ils désormais reliés par une passerelle aérienne. Dans cette même zone, baptisée «je vis, je me forme» , l’hébergement est intégralement renouvelé et le nouveau bâtiment brasserie-restauration n’est autre que l’ancienne antre des gymnastes. Reste dans cette partie de l’INSEP à terminer l’immeuble servant à héberger les mineurs, celui réservé aux formations (« D ») et le bâtiment administratif (« M »).

« L’INSEP vit un véritable bouleversement » explique Thierry Maudet, son directeur. « Entre 2007 et 2010, toute la zone nord aura été livrée à 100%. Les sportifs sont sensibles aux considérables améliorations de l’hébergement ». Yannick Szepaniak, lutteur, pensionnaire de l’INSEP durant onze ans, note : « C’est le jour et la nuit ! Nous étions à trois par chambres dans des conditions difficiles. Maintenant, il y a des frigos, le wifi, des douches ». Il ajoute : « la bibliothèque a été recentrée, elle est derrière une grande baie vitrée, plus accessible. Avant, en raison de sa position au fond du domaine, on ne s’y rendait guère »

Le financement et la réalisation des travaux se sont effectués dans le cadre du « PPP » (partenariat public-privé) . La gestion de l’hébergement et de la restauration ont été confiés à des partenaires privés : Accor d’une part, et Casino d’autre part. « Les spécialistes, qui nous assurent un vrai bond qualitatif », souligne Thierry Maudet

Dans la zone sud, en dehors du magnifique nouveau « complexe » (« à la fois ultramoderne mais pas clinquant, pas gadget, qui offre une ambiance de travail dans des conditions exceptionnelles », dit Yannick Szepaniak), les travaux se poursuivent et des décisions restent à prendre. « Pour le bassin de 50m, nous devons arrêter sa forme avant la fin septembre » explique Thierry Maudet, « Y aura-t-il deux bassins ou un seul ? L’objectif est d’assurer pour la course, le plongeon, le water-polo et la natation synchronisée des conditions de très haut niveau. En attendant, suite à l’incendie de l’ancienne piscine, nous avons installé un bassin provisoire de 50x20m sur le terrain de rugby. L’installation devrait rester en place jusqu’en 2012-2013 ».

L’immense Halle Maigrot (athlétisme, cyclisme) est dotée d’un nouveau revêtement mais des aménagements restent à effectuer, notamment l’installation d’ascenseurs dans une optique d’accessibilité. Le complexe Nelson Paillou (badminton, basket, tir) est en cours de réaménagement « en creusant sous l’édifice pour installer des vestiaires et une salle de récupération-musculation. Il sera par ailleurs doté de deux terrains en parquet » précise Thierry Maudet.

Toute la superficie au sol du gymnase Marie-Thérèse Eyquem sera en parquet, la surface de travail pour les judokas sera doublée et l’étage supérieur sera rendu plus polyvalent pour les sports d’équipe. La Halle Letessier (boxe, haltérophilie, tennis de table) aura aussi droit à sa rénovation intégrale pour 2010-2011. Le tir à l’arc devrait bénéficier d’un terrain spécifique à 70m en bordure de la « route de la pyramide », au bout de la zone sud, le tir d’une refonte de son stand en allongeant l’actuelle partie ne permettant que de tirer à 25m aux côtés de celle déjà existante à 50m. Enfin, des courts supplémentaires devraient être construits pour le tennis, « encaissés afin de diminuer la pris au vent, avec l’objectif de bénéficier de 10 courts pour faire de l’INSEP l’antichambre de Roland-Garros » souhaite Thierry Maudet.

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Le nouveau complexe vu par les sportifs

Il n’a pas encore de nom (une consultation est en cours), mais est déjà pleinement fonctionnel.
Le nouveau complexe de l’Insep, 12.500m2 dédiés à quatre sports olympiques (en bas, la gymnastique et l’escrime, en haut, le lutte et le taekwondo) est un sobre et imposant bâtiment à la façade en ossature de bois latté, jouxté par un terrain de hockey et synthétique flambant neuf d’un coté, et par le bassin de natation synchronisée en cours de réfection après l’incendie qui l’avait partiellement détruit en novembre 2008.

Chaque « division » du bâtiment, est aménagée sur le même principe : les salles d’entraînements sont surplombées par les bureaux des cadres et entraîneurs bordés de grandes baies vitrées. Et toutes sont dotées d’une salle vidéo, de vestiaires, de douches, de jacuzzi.

« Ca change tout ! » dit le vice-champion olympique de gymnastique Thomas Bouhail, « nous bénéficions désormais de deux praticables, et donc, nous ne nous marchons plus sur les pieds avec les filles. Il nous fallait disposer de cet espace supplémentaire pour aller au sommet. Nous sommes là pour travailler, et les conditions sont désormais idéales ».

Au même niveau que les gymnastes, les escrimeurs s’entraînent dans trois salles (une par arme) pour un total de 42 pistes. « C’est la plus belle salle du monde ! » s’exclame le multi médaillé mondial et olympique à l’épée Hugues Obry, désormais entraîneur. « Nous disposons de six vestiaires, un par arme et par sexe, nous sommes désormais 12 entraîneurs regroupés dans les mêmes locaux, nous avons notre espace pour la musculation… »

Les lutteurs s’entraînent à l’étage du dessus. « C’est désormais notre maison » souligne le responsable du pole lutte, Franck Abrial. « Le meilleur outil en Europe. Nous avons été pleinement associés à conception, avec notamment six surfaces de tapis ».

Le Taekwondo voisine avec la lutte. « Notre installation ici permet d’optimiser notre préparation », explique le champion d’Europe 2006 Mickaël Borot, « nous avons dû passer quatre mois sous une tente avant de prendre possession des ces locaux où nous nous entraînons sur quatre aires de combat. Nous avons rattrapé notre retard d’un coup. Nous, les « taekwondistes », nous n’avons pas besoin d’une salle en particulier, mais améliorer nos conditions de travail, c’est une forme de reconnaissance pour notre sport, c’est très important pour grandir encore. Et puis nous sommes tous ensemble, quatre disciplines, nous pouvons nous côtoyer, échanger, partager, dégager une énergie commune, une émulation multidisciplinaire. Cela nous porte, nous faisons partie d’une équipe olympique tout en gardant notre intimité . On nous avait dit « révez d’un dojang idéal ! », nous avons répondu « sauna, jacuzzi, lave-linge, séchoir pour nos affaires, équipements de travail, lieux de rangements ». Nous prenons aujourd’hui un temps d’avance. J’avais visité le centre d’entraînement olympique de Colorado Springs aux Etats-Unis, j’avais été impressionné, mais aujourd’hui, nous sommes au même niveau. J’espère maintenant que nos résultats vont rejaillir sur l’INSEP. Je leur dis « vous avez misé sur l’avenir, à nous de vous prouver que vous avez eu raison de nous mettre dans de bonnes conditions ». C’est une bonne pression ».

Enfin, le terrain de hockey en synthétique et en plein air a connu son baptême international avec l’organisation de deux rencontres France-Irlande les 23 et 24 septembre (ponctuées d’une victoire bleue 6-1 et d’un match nul 1-1). Le joueur Bastien Dieckens, parle aussi de « reconnaissance » pour son sport, ajoutant « cela faisait des années que nous demandions ce terrain à l’INSEP. Nous avons maintenant la possibilité de nous entraîner sur place, nous ne perdons donc plus de temps dans les transports, nous sommes littéralement en bas de nos chambres. Nous sommes passés de 2 séances par semaine à Chatenay ou à Montrouge, à 2 par jour ici même ! »

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Les installation médicales et paramédicales

Comme l’explique le docteur Eric Jousselin, médecin-chef à l’Insep : « Nous disposons aujourd’hui d’une surface beaucoup plus importante. Deux bâtiments, le G (pour la kiné et la récupération) et le H (médical). Tout a été cassé et entièrement reconstruit à l’intérieur. Les étages supérieurs de ces bâtiments sont réservés aux hébergements, nous occupons les trois niveaux en dessous. Nous voilà revenus au plan initial. La volonté du plan de rénovation était de remettre tout notre matériel à neuf. ».

Ainsi, pour le côté le plus spectaculaire, voici une « IRM mobile » ou « posturale » unique en Europe. Il ne s’agit plus d’un « tube » fixe dans lequel serait placé le patient, mais d’un appareil « ouvert » permettant une précision nouvelle pour l’observation du rachis, du poids de la gravité sur les articulations. Voici également une chambre cryogénique, elle aussi unique dans nos contrées, où le patient passe d’une cabine à -10 degrés vers une autre –60° pour finir dans une dernière à -110° où il ne restera pas plus de 2 minutes 30 secondes. Le choc thermique est destiné à la récupération, où à traiter des problèmes rhumatismaux. Voici des appareils de radiologie numériques, et des échocardiographes flambant neufs . Voilà une immense salle remplie d’appareils divers utilisés par les kinés pour toutes les formes de travail physique.

Voici encore une disposition particulièrement bien étudiée du « couloir médical » où les médecins ne consultent plus dans leurs bureaux, mais dans des salles situées en face de ceux-ci et munies de tout le matériel nécessaire. Enfin, un bassin de balnéothérapie est encore en construction au pied de ces bâtiments.

Pour Eric Jousselin, « Jean-François Lamour, qui fut en 2004 alors qu’il était ministre des sports, à l’origine du projet de rénovation de l’Insep, a fréquenté ces lieux durant au moins 15 ans au cours de sa carrière d’escrimeur. Il a parallèlement suivi ici même sa formation de kiné. Il connaissait donc tous les tenants et aboutissants, les attentes des sportifs comme celles des médicaux ».

Les 47 médecins, 22 kinés, 5 dentistes et 5 infirmières officiant à l’INSEP, et notamment dans un centre de santé ouvert au grand public ou encore, pour la médecine du travail, ont désormais un outil de pointe pour travailler, dont les sportifs de haut niveau sont les premiers bénéficiaires.

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Un développement écologique

Tout le plan de rénovation de l’INSEP répond à des contraintes écologiques. Tout est pensé dans l’optique « développement durable ». Perrine de Foucaud, responsable de la mission rénovation, décrit ainsi une « attente forte de la commission des sites consistant à réduire les surfaces imperméables, les emprises au sol, afin de les faire respirer ».
En clair, cela a entraîné le retrait de voiries bitumées, qui redonne un aspect naturel aux bandes de terrain situées devant les bâtiments A, B, G et H de la zône nord.

« Tout le pourtour du domaine est en cours de reboisement » poursuit Perrine de Foucaud, « avec des essences du bois de Vincennes. Cela représente plusieurs milliers d’arbres sur une surface de 6 hectares ». Un portion de terrain a par ailleurs été rendue à la ville de Paris le long de la route du champ de manœuvre, qui deviendra un cheminement piétonnier.

Piétonnier, c’est ce que devrait devenir l’INSEP à moyen terme. Il s’agit de garer les voitures des deux côtés de l’entrée principale, avenue du Tremblay. A partir de là, on pourrait disposer de voitures électriques, ou encore d’une ou plusieurs stations vélib’.

Autres réalisations détaillées par Perrine de Foucaud : « Nous avons retiré beaucoup de terre pour encaisser les nouvelles constructions, mais dans la volonté d’équilibrer le bilan remblai/déblai, nous ne l’évacuons pas, nous la réutilisons, ce qui a par exemple été le cas pour surélever le terrain de hockey. Par ailleurs, notre schéma hydraulique favorise la récupération des eaux de pluie, avec un bassin de rétention, puis une redistribution sur le nouveau complexe. La réhabilitation de la zone nord génère 30% d’économies d’énergie à travers une meilleure isolation des bâtiments et la disposition de panneaux solaires pour produire de l’eau chaude sanitaire. La piscine en cours de refection sera dotée d’une toiture végétalisée. Et enfin, des « noues » (ou fosses) sont installées pour un traitement naturel des hydrocarbures à travers des plantes qui les « fixent ».

« Tous ces chantiers sont à faible nuisance énergétique » conclut Perrine de Foucaud.

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«Appuyer l'action du CNOSF et de toutes les fédération»

Le coût total de la rénovation de l’Insep est de 200 millions d’euros, dont 50 millions pour le nouveau complexe, et 88 millions pour la zone nord. « Le fait de tout reconstruire sur de l’existant, sans marge d’extension, s’apparente à un meccano géant, à un appel permanent à l’imagination » souligne Thierry Maudet.

L’INSEP doit vivre une révision statutaire pour devenir un établissement scientifique et culturel (EPSCP) « ouvert sur le monde sportif, sur les collectivités et sur les entreprises »

D’ores et déjà, « Les grande nations sportives reviennent vers nous, nous recevons des demandes internationales pour bénéficier de nos installations » poursuit Thierry Maudet, qui conclut « l’INSEP a un rôle pivot dans le projet sportif français. Il se veut complémentaire avec le CNOSF dans le cadre des relations internationales. Il est là pour appuyer l’action du CNOSF et de toutes les fédérations ».

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